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Vendredi 16 mai 2008
 

 Pour ma part ,des textes dont je ne me lasserais jamais de lire

À M. Pierre Gringoire, poète lyrique à Paris

 

Tu seras bien toujours le même, mon pauvre Gringoire !

Comment ! on t'offre une place de chroniqueur dans un bon journal de Paris, et tu as l'aplomb de refuser... Mais regarde-toi, malheureux garçon ! Regarde ce pourpoint troué, ces chausses en déroute, cette face maigre qui crie la faim. Voilà pourtant où t'a conduit la passion des belles rimes ! Voilà ce que t'ont valu dix ans de loyaux services dans les pages du sire Apollo... Est-ce que tu n'as pas honte, à la fin ?

Fais-toi donc chroniqueur, imbécile ! Fais-toi chroniqueur ! Tu gagneras de beaux écus à la rose, tu auras ton couvert chez Brébant, et tu pourras te montrer les jours de première avec une plume neuve à ta barrette...

Non ? Tu ne veux pas ?... Tu prétends rester libre à ta guise jusqu'au bout... Eh bien, écoute un peu l'histoire de la chèvre de M. Séguin. Tu verras ce que l'on gagne à vouloir vivre libre.

M. Séguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres.

Il les perdait toutes de la même façon : un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les retenait. C'était, paraît-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté.

Le brave M. Séguin, qui ne comprenait rien au caractère de ses bêtes, était consterné. Il disait :

- C'est fini ; les chèvres s'ennuient chez moi, je n'en garderai pas une.

Cependant, il ne se découragea pas, et, après avoir perdu six chèvres de la même manière, il en acheta une septième ; seulement, cette fois, il eut soin de la prendre toute jeune, pour qu'elle s'habituat à demeurer chez lui.

Ah ! Gringoire, qu'elle était,jolie la petite chèvre de M. Séguin ! qu'elle était,jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! C'était presque aussi charmant que le cabri d'Esméralda, tu te rappelles, Gringoire ? - et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle. Un amour de petite chèvre...

M. Séguin avait derrière sa maison un clos entouré d'aubépines. C'est là qu'il mit la nouvelle pensionnaire.

Il l'attacha à un pieu, au plus bel endroit du pré, en ayant soin de lui laisser beaucoup de corde, et de temps en temps, il venait voir si elle était bien. La chèvre se trouvait très heureuse et broutait l'herbe de si bon coeur que M. Séguin était ravi.

 

- Enfin, pensait le pauvre homme, en voilà une qui ne s'ennuiera pas chez moi !

 

M. Séguin se trompait, sa chèvre s'ennuya.

Un jour, elle se dit en regardant la montagne :

 

- Comme on doit être bien là-haut ! Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !... C'est bon pour l'âne ou pour le boeuf de brouter dans un clos !... Les chèvres, il leur faut du large. .

 

À partir de ce moment, l'herbe du clos lui parut fade.

l'ennui lui vint. Elle maigrit, son lait se fit rare. C'était pitié de la voir tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournée du côté de la montagne, la narine ouverte, en faisant Mê.!... tristement.

M. Séguin s'apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce que c'était... Un matin, comme il achevait de la traire, la chèvre se retourna et lui dit dans son patois :

 

- Écoutez, monsieur Séguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.

- Ah ! mon Dieu !... Elle aussi ! cria M. Séguin stupéfait, et du coup il laissa tomber son écuelle ; puis, s'asseyant dans l'herbe à côté de sa chèvre :

- Comment, Blanquette, tu veux me quitter !

 

Et Blanquette répondit :

- Oui, monsieur Séguin.

- Est-ce que l'herbe te manque ici ?

- Oh ! non ! monsieur Séguin.

- Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j'allonge la corde ?

- Ce n'est pas la peine, monsieur Séguin.

- Alors, qu'est-ce qu'il te faut ? qu'est-ce que tu veux ?

- Je veux aller dans la montagne, monsieur Séguin.

- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu'il y a le loup dans la montagne... Que feras-tu quand il viendra ?...

- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Séguin.

- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m'a mangé des biques autrement encornées que toi... Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était ici l'an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s'est battue avec le loup toute la nuit... puis, le matin, le loup l'a mangée.

- Pécaïre ! Pauvre Renaude !... Ça ne fait rien, monsieur Séguin, laissez-moi aller dans la montagne.

- Bonté divine !... dit M. Séguin ; mais qu'est-ce qu'on leur fait donc à mes chèvres ? Encore une que le loup va me manger... Eh bien, non... je te sauverai malgré toi, coquine ! et de peur que tu ne rompes ta corde, je vais t'enfermer dans l'étable et tu y resteras toujours.

 

Là-dessus, M. Séguin emporta la chèvre dans une étable toute noire, dont il ferma la porte à double tour.

Malheureusement, il avait oublié la fenêtre et à peine eut tourné, que la petite s'en alla...Tu ris, Gringoire ? Parbleu ! je crois bien ; tu es du parti des chèvres, toi, contre ce bon M. Séguin... Nous allons voir si tu riras tout à l'heure.

Quand la chèvre blanche arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n'avaient rien vu d'aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu'à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d'or s'ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu'ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.

Tu penses, Gringoire, si notre chèvre était heureuse !

Plus de corde, plus de pieu... rien qui l'empêchât de gambader, de brouter à sa guise... C'est là qu'il y en avait de l'herbe ! jusque par-dessus les cornes, mon cher!... Et quelle herbe! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes... C'était bien autre chose que le gazon du clos. Et les fleurs donc !... De grandes campanules bleues, des digitales de pourpre à longs calices, toute une forêt de fleurs sauvages débordant de sucs capiteux !...

La chèvre blanche, à moitié soûle, se vautrait là-dedans les jambes en l'air et roulait le long des talus, pêle-mêle avec les feuilles tombées et les châtaignes... Puis, tout à coup elle se redressait d'un bond sur ses pattes. Hop ! la voilà partie, la tête en avant, à travers les maquis et les buissières, tantôt sur un pic, tantôt au fond d'un ravin, là haut, en bas, partout... On aurait dit qu'il y avait dix chèvres de M. Séguin dans la montagne.

C'est qu'elle n'avait peur de rien la Blanquette.

Elle franchissait d'un saut de grands torrents qui l'éclaboussaient au passage de poussière humide et d'écume.

Alors, toute ruisselante, elle allait s'étendre sur quelque roche plate et se faisait sécher par le soleil... Une fois, s'avançant au bord d'un plateau, une fleur de cytise aux dents, elle aperçut en bas, tout en bas dans la plaine, la maison de M. Séguin avec le clos derrière. Cela la fit rire aux larmes.

- Que c'est petit ! dit-elle ; comment ai-je pu tenir là dedans ?

Pauvrette ! de se voir si haut perchée, elle se croyait au moins aussi grande que le monde...

En somme, ce fut une bonne journée pour la chèvre de M. Séguin. Vers le milieu du jour, en courant de droite et de gauche, elle tomba dans une troupe de chamois en train de croquer une lambrusque à belles dents. Notre petite coureuse en robe blanche fit sensation. On lui donna la meilleure place à la lambrusque, et tous ces messieurs furent très galants... Il paraît même, - ceci doit rester entre nous, Gringoire, - qu'un jeune chamois à pelage noir, eut la bonne fortune de plaire à Blanquette. Les deux amoureux s'égarèrent parmi le bois une heure ou deux, et si tu veux savoir ce qu'ils se dirent, va le demander aux sources bavardes qui courent invisibles dans la mousse.

Tout à coup le vent fraîchit. La montagne devint violette ; c'était le soir.

 

- Déjà ! dit la petite chèvre ; et elle s'arrêta fort étonnée.

 

En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de

M. Séguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée. Elle écouta les clochettes d'un troupeau qu'on ramenait, et se sentit l'âme toute triste... Un gerfaut, qui rentrait, la frôla de ses ailes en passant. Elle tressaillit...

Puis ce fut un hurlement dans la montagne :

- Hou ! hou !

Elle pensa au loup ; de tout le jour la folle n'y avait pas pensé... Au même moment une trompe sonna bien loin dans la vallée. C'était ce bon M. Séguin qui tentait un dernier effort.

- Hou ! hou !... faisait le loup.

 

- Reviens ! reviens !... criait la trompe.

Blanquette eut envie de revenir ; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant elle ne pouvait plus se faire à cette vie, et qu'il valait mieux rester.

La trompe ne sonnait plus...

La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles.

Elle se retourna et vit dans l'ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient...

C'était le loup.

Énorme, immobile, assis sur son train de derrière, il était là regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien qu'il la mangerait, le loup ne se pressait pas ; seulement, quand elle se retourna, il se mit à rire méchamment.

- Ah ! ha ! la petite chèvre de M. Séguin ! et il passa sa grosse langue rouge sur ses babines d'amadou.

 

Blanquette se sentit perdue... Un moment, en se rappelant l'histoire de la vieille Renaude, qui s'était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu'il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite; puis, s'étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre de M. Séguin qu'elle était... Non pas qu'elle eût l'espoir de tuer le loup, les chèvres ne tuent pas le loup, - mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la Renaude...

Alors le monstre s'avança, et les petites cornes entrèrent en danse.

Ah ! la brave chevrette, comme elle y allait de bon coeur! Plus de dix fois, je ne mens pas, Gringoire, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Pendant ces trêves d'une minute, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe ; puis elle retournait au combat, la bouche pleine... Cela dura toute la nuit. De temps en temps la chèvre de M. Séguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et elle se disait :

 

- Oh ! pourvu que je tienne jusqu'à l'aube...

L'une après l'autre, les étoiles s'éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents...

Une lueur pâle parut dans l'horizon... Le chant du coq enroué monta d'une métairie.

- Enfin ! dit la pauvre bête, qui n'attendait plus que le jour pour mourir ; et elle s'allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang...

Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea.

Adieu, Gringoire !

l'histoire que tu as entendue n'est pas un conte de mon invention. Si jamais tu viens en Provence, nos ménagers te parleront souvent de la cabro de moussu Séguin, que se battégue tonto la neui erré lou loup, e piei lou matin lou loup la mangé .

par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Vendredi 25 avril 2008




En ce moment ma mère ,à chacune de mes visites aime a me parler de ma petite enfance
pourquoi ??? Ma foi ;je ne sais pas trop .Mon anniversaire proche sans doute .
La semaine passée ,elle m'avait remis en mémoire ma reflexion en voyant le paon parader pour sa belle
cette semaine  ,elle ma remis celle ci en mémoire .

Nous étions en vacances prés de beauraing ,il faisait beau et la nature faisait son oeuvre

 

MAMAN , MAMAN  regarde un peu les grandes vaches.
A leurs âges ; elles jouent encore à saute mouton


Mes parents ont beaucoup rit ce jour là ,et ma mère ma avouée avoir jouer ce soir là aussi a saute mouton

par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Vendredi 14 mars 2008

lettre370.gifou lala ,trois ans déjà

undefinedt tout autour de toi

lettre116.gifdorable petite peste

lettre279.gifu fais déjà ta loi

lettre138.gifalte la ,touche pas

undefinedthan est bien gentil et prêteur

lettre553.gifemercie ce frère si protecteur

Bon anniversaire ,heather,de mémé et de

Carambaolé,pierrot ou pypa le nom que tu voudras

par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Jeudi 13 mars 2008
Je relis avec nostalgie ces superbes texte de JEAN DE LAFONTAINE qui était dans tous les programmes scolaires et celui ci etait souvent le premier que l'on nous proposait

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Mercredi 12 mars 2008
Je rererelis avec délices les lettres de mon moulin ,les personnes de ma génération se souviendront de ces textes qui servaient souvent de dissertation à l'école .
je compte en éditer quelques uns pour mes petits enfants car je pense qu'ils tombent dans l'oubli et ,par ailleurs ,quelle tristesse nos enfants ne lisent plus!!
                     a+   carambaolé


Le Curé de Cucugnan


Tous les ans, à la Chandeleur, les poètes provençaux publient en Avignon un joyeux petit livre rempli jusqu’aux bords de beaux vers et de jolis contes. Celui de cette année m’arrive à l’instant, et j’y trouve un adorable fabliau que je vais essayer de vous traduire en l’abrégeant un peu... Parisiens, tendez vos mannes. C’est de la fine fleur de farine provençale qu’on va vous servir cette fois...

L’abbé Martin était curé... de Cucugnan.

Bon comme le pain, franc comme l’or, il aimait paternellement ses Cucugnanais ; pour lui, son Cucugnan aurait été le paradis sur terre, si les Cucugnanais lui avaient donné un peu plus de satisfaction. Mais, hélas ! les araignées filaient dans son confessionnal, et, le beau jour de Pâques, les hosties restaient au fond de son saint-ciboire. Le bon prêtre en avait le cœur meurtri, et toujours il demandait à Dieu la grâce de ne pas mourir avant d’avoir ramené au bercail son troupeau dispersé.

Or, vous allez voir que Dieu l’entendit.

Un dimanche, après l’Évangile, M. Martin monta en chaire.

— Mes frères, dit-il, vous me croirez si vous voulez : l’autre nuit, je me suis trouvé, moi misérable pécheur, à la porte du paradis.

« Je frappai : saint Pierre m’ouvrit !

« — Tiens ! c’est vous, mon brave monsieur Martin, me fit-il ; quel bon vent... ? et qu’y a-t-il pour votre service ?

« — Beau saint Pierre, vous qui tenez le grand livre et la clef, pourriez-vous me dire, si je ne suis pas trop curieux, combien vous avez de Cucugnanais en paradis ?

« — Je n’ai rien à vous refuser, monsieur Martin ; asseyez-vous, nous allons voir la chose ensemble.

« Et saint Pierre prit son gros livre, l’ouvrit, mit ses besicles :

« — Voyons un peu : Cucugnan, disons-nous. Cu... Cu... Cucugnan. Nous y sommes. Cucugnan... Mon brave monsieur Martin, la page est toute blanche. Pas une âme... Pas plus de Cucugnanais que d’arêtes dans une dinde.

« — Comment ! Personne de Cucugnan ici ? Personne ? Ce n’est pas possible ! Regardez mieux...

« — Personne, saint homme. Regardez vous-même, si vous croyez que je plaisante.

« Moi, pécaïre ! je frappais des pieds, et, les mains jointes, je criais miséricorde. Alors, saint Pierre :

« — Croyez-moi, monsieur Martin, il ne faut pas ainsi vous mettre le cœur à l’envers, car vous pourriez en avoir quelque mauvais coup de sang. Ce n’est pas votre faute, après tout. Vos Cucugnanais, voyez-vous, doivent faire à coup sûr leur petite quarantaine en purgatoire.

« — Ah ! par charité, grand saint Pierre ! faites que je puisse au moins les voir et les consoler.

« — Volontiers, mon ami... Tenez, chaussez vite ces sandales, car les chemins ne sont pas beaux de reste... Voilà qui est bien. Maintenant, cheminez droit devant vous. Voyez vous là-bas, au fond, en tournant ? Vous trouverez une porte d’argent toute constellée de croix noires... à main droite... Vous frapperez, on vous ouvrira... Adessias ! Tenez-vous sain et gaillardet.

« Et je cheminai... je cheminai ! Quelle battue ! j’ai la chair de poule, rien que d’y songer. Un petit sentier, plein de ronces, d’escarboucles qui luisaient et de serpents qui sifflaient, m’amena jusqu’à la porte d’argent.

« — Pan ! pan !

« — Qui frappe ! me fait une voix rauque et dolente.

« — Le curé de Cucugnan.

« — De... ?

« — De Cucugnan.

« — Ah ! ... Entrez.

« J’entrai. Un grand bel ange, avec des ailes sombres comme la nuit, avec une robe resplendissante comme le jour, avec une clef de diamant pendue à sa ceinture, écrivait, cra-cra, dans un grand livre plus gros que celui de saint Pierre...

« — Finalement, que voulez-vous et que demandez-vous ? dit l’ange.

« — Bel ange de Dieu, je veux savoir,— je suis bien curieux peut-être,— si vous avez ici les Cucugnanais.

« — Les ? ...

« — Les Cucugnanais, les gens de Cucugnan... que c’est moi qui suis leur prieur.

« — Ah ! l’abbé Martin, n’est-ce pas ?

« — Pour vous servir, monsieur l’ange.

« — Vous dites donc Cucugnan...

« Et l’ange ouvre et feuillette son grand livre, mouillant son doigt de salive pour que le feuillet glisse mieux...

« — Cucugnan, dit-il en poussant un long soupir... Monsieur Martin, nous n’avons en purgatoire personne de Cucugnan.

« — Jésus ! Marie ! Joseph ! personne de Cucugnan en purgatoire ! O grand Dieu ! où sont-ils donc ?

« — Eh ! saint homme, ils sont en paradis. Où diantre voulez-vous qu’ils soient ?

« — Mais j’en viens, du paradis...

« — Vous en venez !  ! ... Eh bien ?

« — Eh bien ! ils n’y sont pas ! ... Ah ! bonne mère des anges ! ...

« — Que voulez-vous, monsieur le curé ? s’ils ne sont ni en paradis ni en purgatoire, il n’y a pas de milieu, ils sont...

« — Sainte croix ! Jésus, fils de David ! Aï ! aï ! aï ! est-il possible ? ... Serait-ce un mensonge du grand saint Pierre ? ... Pourtant je n’ai pas entendu chanter le coq ! ... Aï ! pauvres nous ! comment irai-je en paradis si mes Cucugnanais n’y sont pas ?

« — Écoutez, mon pauvre monsieur Martin, puisque vous voulez, coûte que coûte, être sûr de tout ceci, et voir de vos yeux de quoi il retourne, prenez ce sentier, filez en courant, si vous savez courir... Vous trouverez, à gauche, un grand portail. Là, vous vous renseignerez sur tout. Dieu vous le donne !

« Et l’ange ferma la porte.

« C’était un long sentier tout pavé de braise rouge. Je chancelais comme si j’avais bu ; à chaque pas, je trébuchais ; j’étais tout en eau, chaque poil de mon corps avait sa goutte de sueur, et je haletais de soif... Mais, ma foi, grâce aux sandales que le bon saint Pierre m’avait prêtées, je ne me brûlai pas les pieds.

« Quand j’eus fait assez de faux pas clopin-clopant, je vis à ma main gauche une porte... non, un portail, un énorme portail, tout bâillant, comme la porte d’un grand four. Oh ! mes enfants, quel spectacle ! Là on ne demande pas mon nom ; là, point de registre. Par fournées et à pleine porte, on entre là, mes frères, comme le dimanche vous entrez au cabaret.

« Je suais à grosses gouttes, et pourtant j’étais transi, j’avais le frisson. Mes cheveux se dressaient. Je sentais le brûlé, la chair rôtie, quelque chose comme l’odeur qui se répand dans notre Cucugnan quand Éloy, le maréchal, brûle pour la ferrer la botte d’un vieil âne. Je perdais haleine dans cet air puant et embrasé ; j’entendais une clameur horrible, des gémissements, des hurlements et des jurements.

« — Eh bien ! entres-tu ou n’entres-tu pas, toi ? — me fait, en me piquant de sa fourche, un démon cornu.

« — Moi ? Je n’entre pas. Je suis un ami de Dieu.

« — Tu es un ami de Dieu... Eh ! b... de teigneux ! que viens-tu faire ici ? ...

« — Je viens... Ah ! ne m’en parlez pas, que je ne puis plus me tenir sur mes jambes... Je viens... je viens de loin... humblement vous demander... si... si, par coup de hasard... vous n’auriez pas ici... quelqu’un... quelqu’un de Cucugnan...

« — Ah ! feu de Dieu ! tu fais la bête, toi, comme si tu ne savais pas que tout Cucugnan est ici. Tiens, laid corbeau, regarde, et tu verras comme nous les arrangeons ici, tes fameux Cucugnanais...

« Et je vis, au milieu d’un épouvantable tourbillon de flamme :

« Le long Coq-Galine,— vous l’avez tous connu, mes frères,— Coq-Galine, qui se grisait si souvent, et si souvent secouait les puces à sa pauvre Clairon.

« Je vis Catarinet... cette petite gueuse... avec son nez en l’air... qui couchait toute seule à la grange... Il vous en souvient, mes drôles ! ... Mais passons, j’en ai trop dit.

« Je vis Pascal Doigt-de-Poix, qui faisait son huile avec les olives de M. Julien.

« Je vis Babet la glaneuse, qui, en glanant, pour avoir plus vite noué sa gerbe, puisait à poignées aux gerbiers.

« Je vis maître Grapasi, qui huilait si bien la roue de sa brouette.

« Et Dauphine, qui vendait si cher l’eau de son puits.

« Et le Tortillard, qui, lorsqu’il me rencontrait portant le bon Dieu, filait son chemin, la barrette sur la tête et la pipe au bec... et fier comme Artaban... comme s’il avait rencontré un chien.

« Et Coulau avec sa Zette, et Jacques, et Pierre, et Toni...

Ému, blême de peur, l’auditoire gémit, en voyant, dans l’enfer tout ouvert, qui son père et qui sa mère, qui sa grand’mère et qui sa sœur...

— Vous sentez bien, mes frères, reprit le bon abbé Martin, vous sentez bien que ceci ne peut pas durer. J’ai charge d’âmes, et je veux, je veux vous sauver de l’abîme où vous êtes tous en train de rouler tête première. Demain je me mets à l’ouvrage, pas plus tard que demain. Et l’ouvrage ne manquera pas ! Voici comment je m’y prendrai. Pour que tout se fasse bien, il faut tout faire avec ordre. Nous irons rang par rang, comme à Jonquières quand on danse.

« Demain lundi, je confesserai les vieux et les vieilles. Ce n’est rien.

« Mardi, les enfants. J’aurai bientôt fait.

« Mercredi, les garçons et les filles. Cela pourra être long.

« Jeudi, les hommes. Nous couperons court.

« Vendredi, les femmes. Je dirai : Pas d’histoires !

« Samedi, le meunier ! ... Ce n’est pas trop d’un jour pour lui tout seul.

« Et, si dimanche nous avons fini, nous serons bien heureux.

« Voyez-vous, mes enfants, quand le blé est mûr, il faut le couper ; quand le vin est tiré, il faut le boire. Voilà assez de linge sale, il s’agit de le laver, et de le bien laver.

« C’est la grâce que je vous souhaite. Amen ! »

Ce qui fut dit fut fait. On coula la lessive.

Depuis ce dimanche mémorable, le parfum des vertus de Cucugnan se respire à dix lieues à l’entour.

Et le bon pasteur M. Martin, heureux et plein d’allégresse, a rêvé l’autre nuit que, suivi de tout son troupeau, il gravissait, en resplendissante procession, au milieu des cierges allumés, d’un nuage d’encens qui embaumait et des enfants de chœur qui chantaient Te Deum, le chemin éclairé de la cité de Dieu.

Et voilà l’histoire du curé de Cucugnan, telle que m’a ordonné de vous le dire ce grand gueusard de Roumanille, qui la tenait lui-même d’un autre bon compagnon.

par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Samedi 23 février 2008
undefined

Envie d’écrire et rien ne me vient;et pourtant si

Toc toc.

Qui est là ?

Je suis un petit chien et j’ai froid.

Vient vite dans mon lit ,faire dodo avec moi

Cela remonte à cinquante ans ,ce dialogue du soir avec ma maman.

Combien de fois échangés ,un milliers de fois sans doute.

À tel point qu’à mon tour ,à chaque coucher mes quatre enfants ont eu droit à cette prose magnifique.

Ma fille ainée ,a été contaminée par ce virus ,car au coucher de ma petite fille j’ai entendu ceci

Toc ,toc ,toc.

Qui est là ?

C’est tilapin ,je voudrais dormir avec toi

Ok tilapin

Mais direct dodo ,et surtout pas de blabla !

Un toc de plus et l’histoire légèrement différente ,mais la magie parent - enfant opère toujours ;et la porte s’ouvre a tous les coups.

Ah oui je vous assure que j’ai aimé demander ,Qui est là

Et maintenant comme pypa que j’aime faire Toc,toc,toc,toc

Hé oui ,à chaque génération un Toc de plus.

Et comme diraient ,mes proches ,toi les Tocs ,tu as du les faire avec ta tête

par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Samedi 2 février 2008

Un bel anniversaire;bravo sephora pour tes 10 ansundefined

Tout le monde étaient réuni juste pour toi ,et cela à permis à ton pypa de faire enfin cette photo impossible à réaliser depuis si longtemps car toujour un membre absent, la voila undefined
et une avec trois princesseundefined

par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Samedi 2 février 2008


Un jour, des jeunes mariés partirent en voyage de noces. Ils étaient sur la route quand soudain ils tombèrent en panne devant un beau château.
Une vielle dame arriva et elle leur dit :
"Venez passer la nuit au château pendant que nous pourrons réparer votre voiture et vous pourrez repartir demain.
Donc, le soir venu, pendant le dîner la jeune mariée remarquai la belle bague que la vielle dame avait au doigt. La jeune fille la trouvait tellement belle qu'elle la voulait.
Donc pendant la nuit elle alla dans la chambre de la vielle dame. Celle-ci dormait dans un sommeil profond et n'entendait rien
La jeune fille essaya de lui retirer la bague mais rien à faire elle était coincée.
C'est a ce moment-là que la jeune fille vit un couteau sur la table de chevet de la vieille dame, elle le prit, et coupa le doigt de la dame. La vielle dame ne sentit rien et ne se réveilla pas alors la jeune fille
effrayée partit en courant.
Le lendemain, en partant les jeunes mariés saluèrent tout le monde mais ils ne virent pas la vielle dame.
Quelques jours plus tard dans la soirée la jeune fille était toute seule chez elle en train de regarder la télévision, quand elle entendit un bruit dans le grenier. Tout d'abord elle pensa que c'était les rats mais elle entendit une deuxième fois le bruit. Elle décida de monter.
Arrivée en haut elle inspecta le grenier mais il n'y avait rien.
Mais au moment ou elle se retourna elle vit la vielle dame qui disait " je veux mon doigt, je veux mon doigt >>
On ne connaît pas la suite de l'histoire et on n'a jamais plus entendu parler de la jeune fille … on n'a d'ailleurs jamais entendu parler de la vieille dame non plus … mais si un jour vous croisez dans un château une vieille dame avec 6 doigts avec des bagues magnifiques, n'essayez pas de lui couper un doigt pour récupérer une bague … d'ailleurs qui sait si la vieille dame n'a pas aujourd'hui 7, voire 8 doigts ….
 

                                                    pypa
par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Jeudi 31 janvier 2008
Vendredi 2 novembre 2007
perdu a walibi une petite lapine, inutile de vous dépèche pour la ramenée il n'y à pas de récompenseDSCN0611.JPG
par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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Dimanche 27 janvier 2008

Ahhhhhhhhh quel plaisir de retrouver ce petit texte que je chantais avec ma grand mére

 

 

J'fais pipi sur l'gazon Imprimer la chanson J'fais pipi sur l'gazon de Chansons enfantines à partir d'une fenêtre en mode texte et sans publicité  :-) Envoyer le texte J'fais pipi sur l'gazon de Chansons enfantines à un ami Favori 

 

J'fais pipi sur l'gazon
Pour embêter les coccinelles
J'fais pipi sur l'gazon
Pour embêter les papillons

[
Pipi, gazon, papillons, coccinelles,
Pipi, gazon, coccinelles, papillons.
]
ou
[
Ah les asticots, cots, cots font d'la bonne soupe !
Ah les asticots, cots, cots font du beau fricot !
]
par carambaole publié dans : le coin de mes petits-enfants
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  • : carambaole
  • point-d-interrogation
  • : Homme
  • : 27/04/1952
  • : Bruxelles
  • : homme simple aimant les jeux d'esprits j'aime lire avec une preference pour roman historique sur france,egypte et un fan d'agatha christie Mon métier de chauffeur internationnal m'a amené dans toute l'europe et un peu d'asie et d'afrique et je peu

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